L'essentiel : depuis le 9 juin 2026, le décret d'application de la loi 82-21 est en vigueur. Un particulier peut installer jusqu'à 11 kW en basse tension sur simple déclaration et consommer sa propre électricité en toute légalité. La vente du surplus est plafonnée à 20 % de la production annuelle. Elle est déjà ouverte aux entreprises en moyenne et haute tension, à environ 0,21 DH/kWh en heures pleines et 0,18 DH en heures creuses, mais le tarif de rachat pour les particuliers n'a pas encore été fixé par l'ANRE.
Trois ans. C'est le temps qu'il a fallu entre le vote de la loi 82-21 en février 2023 et la publication de son décret d'application en mars 2026. Pendant ces trois ans, beaucoup de Marocains ont installé des panneaux sans cadre clair pour le raccordement. Cette période est terminée, et le texte mérite d'être lu de près : il permet beaucoup, mais pas tout ce qu'on lit dans la presse.
Chez Econiva Consulting, on installe du solaire au Maroc depuis 2014, donc on a connu l'avant et l'après. Ce guide reprend les questions que nos clients nous posent chaque semaine à Casablanca, Marrakech, Agadir et Rabat.
Qu'est-ce qui a changé avec le décret de mars 2026 ?
Le décret n° 2-25-100, publié au Bulletin officiel n° 7489 le 9 mars 2026 et entré en vigueur le 9 juin 2026, rend enfin applicable la loi 82-21 sur l'autoproduction d'électricité. Il fixe les seuils de puissance et les régimes administratifs. Avec les décisions de l'ANRE de début 2026, il complète le cadre de la vente du surplus au réseau.
Un peu de contexte. La loi 13-09 de 2010 avait ouvert la production privée d'électricité renouvelable, surtout pour les gros projets. La loi 58-15 de 2016 avait entrouvert la vente de surplus en moyenne tension. Mais pour un particulier avec dix panneaux sur le toit, rien n'était vraiment prévu. La loi 82-21, promulguée le 10 février 2023, a créé le premier cadre complet dédié à l'autoproduction, pour les personnes physiques comme morales, à tous les niveaux de tension. Il ne manquait que le décret. Le voilà.
Deux définitions pour s'y retrouver. L'autoproduction est le terme légal : produire de l'électricité pour couvrir sa propre consommation. L'autoconsommation est le même geste vu du côté de la facture : consommer directement ce que vos panneaux produisent au lieu d'acheter ces kWh à l'ONEE ou à votre régie. Dans la pratique marocaine, les deux mots désignent la même réalité.
Qui peut autoproduire son électricité au Maroc ?
Tout le monde : particuliers, entreprises, agriculteurs, en basse, moyenne ou haute tension. Ce qui change selon votre cas, c'est le régime administratif. Moins de 11 kW raccordés en basse tension : simple déclaration. De 11 kW à 5 MW : approbation préalable de raccordement. Au-delà de 5 MW : autorisation. Les sites isolés, non raccordés au réseau, relèvent d'une déclaration quelle que soit la puissance.
| Votre situation | Régime | Interlocuteur |
|---|---|---|
| Moins de 11 kW en basse tension | Simple déclaration préalable | Gestionnaire de réseau : ONEE, Lydec, Redal ou Amendis selon la ville |
| De 11 kW à 5 MW | Approbation préalable de raccordement | Gestionnaire de réseau |
| Plus de 5 MW | Autorisation | Ministère de tutelle |
| Site isolé, non raccordé | Déclaration préalable, quelle que soit la puissance | Ministère de tutelle |
Pour une maison, retenez surtout ceci : 11 kW en basse tension, c'est déjà une très grosse installation résidentielle. La plupart des maisons marocaines s'équipent entre 3 et 6 kWc. Autrement dit, presque tous les projets résidentiels tombent dans le régime le plus léger, la déclaration. Pas d'autorisation à demander, pas de dossier ministériel.
C'est quoi la règle des 20 % ?
La loi plafonne l'injection vendue au réseau à 20 % de la production annuelle de votre installation. Concrètement, si vos panneaux produisent 8 000 kWh par an, vous pouvez en vendre au maximum 1 600. Le reste doit être consommé sur place, ou stocké dans des batteries pour être consommé plus tard.
Pourquoi ce plafond ? Le législateur veut favoriser l'autoconsommation, pas transformer chaque toiture en centrale commerciale déguisée. On peut discuter du niveau du plafond, mais la logique est claire, et elle a une conséquence directe sur le dimensionnement : une installation se calcule sur votre consommation réelle, pas sur la surface de toiture disponible. Un système surdimensionné produirait un surplus que vous ne pourriez ni vendre en totalité, ni consommer. C'est de l'argent posé sur le toit pour rien.
Attention aussi à un malentendu fréquent : la règle des 20 % n'est pas du net metering. Votre compteur ne tourne pas à l'envers, et les kWh injectés ne viennent pas effacer les kWh consommés sur votre facture. La vente du surplus, quand elle s'applique, est une transaction séparée, à un tarif distinct.
À quel prix le surplus est-il racheté ?
Pour les clients raccordés en moyenne et haute tension, l'ANRE a fixé le tarif de rachat du surplus à environ 0,21 DH/kWh en heures pleines et 0,18 DH/kWh en heures creuses, pour la période de mars 2026 à février 2027. Pour la basse tension, donc pour les particuliers, le tarif n'existe pas encore : l'ANRE le fixera une fois le cadre technique en place.
| Profil | Vente du surplus | Tarif de rachat |
|---|---|---|
| Entreprise en moyenne ou haute tension | Ouverte, plafonnée à 20 % de la production annuelle | Environ 0,21 DH/kWh en heures pleines, 0,18 DH en heures creuses (décision ANRE, période mars 2026 à février 2027) |
| Particulier en basse tension | Prévue par la loi, même plafond de 20 % | Pas encore fixé par l'ANRE |
Soyons francs sur les chiffres. Vous achetez votre électricité entre 0,90 DH/kWh pour la première tranche et près de 1,60 DH/kWh au-delà de 500 kWh par mois. Le réseau, lui, rachètera le surplus autour de 0,20 DH. Un kWh autoconsommé vaut donc cinq à huit fois plus qu'un kWh vendu. La revente est un bonus qui valorise ce qui aurait été perdu, pas un modèle de revenu. Quiconque vous vend une installation en vous promettant un chèque de l'ONEE chaque mois vous raconte une histoire.
Quelles démarches pour installer chez soi ?
Pour une maison, le parcours se résume à une déclaration préalable auprès de votre gestionnaire de réseau, à condition de rester sous 11 kW en basse tension. Pas d'autorisation, pas de passage au ministère. Le gestionnaire, c'est l'ONEE dans la plupart des villes, Lydec à Casablanca, Redal à Rabat, Amendis à Tanger et Tétouan.
Dans l'ordre, voici comment un projet se déroule :
- L'étude de dimensionnement. On part de vos factures des douze derniers mois pour calculer la puissance utile. C'est l'étape qui détermine tout le reste, et chez nous elle est gratuite, à domicile.
- La déclaration préalable. Le dossier décrit l'installation : puissance, onduleur, schéma de raccordement. Il part chez votre gestionnaire de réseau avant les travaux.
- L'installation. Une à trois journées de travaux pour une maison, avec du matériel conforme aux exigences du gestionnaire, notamment la protection de découplage de l'onduleur.
- La mise en service. Vérifications, paramétrage de l'onduleur, et suivi de production depuis une application. Le jour où le tarif de rachat basse tension sera publié, une installation déclarée dans les règles sera prête à en profiter.
Un mot sur le matériel : le choix de l'onduleur et la qualité du raccordement pèsent plus que la marque des panneaux dans un dossier de déclaration. Notre guide pour bien choisir son installateur solaire détaille ce qu'un devis sérieux doit préciser noir sur blanc.
Qu'est-ce que ça change pour une maison ?
D'abord la sécurité juridique : votre installation raccordée au réseau a désormais un statut clair, déclarée et en règle. Ensuite une perspective : le jour où l'ANRE publiera le tarif de rachat basse tension, votre surplus deviendra une petite recette. Mais l'équation économique, elle, ne change pas : c'est l'autoconsommation directe qui rembourse vos panneaux.
Prenons un calcul illustratif. Une maison qui paie 900 DH par mois consomme une bonne partie de ses kWh dans les tranches hautes de la grille ONEE, entre 1,38 et 1,60 DH le kWh environ. Une installation de 3 kWc produit au Maroc de l'ordre de 350 à 450 kWh par mois selon la région et l'orientation. Si l'essentiel de cette production remplace des kWh des tranches hautes, la facture baisse fortement : le marché marocain avance des économies de 60 à 80 % sur ce type de profil. Ce sont des repères de 2026, pas des garanties, et c'est précisément ce qu'une étude sur place vient vérifier. Pour les fourchettes de prix du matériel et de la pose, voyez notre guide des prix des panneaux solaires, et pour le calcul complet du temps de retour, l'article sur la rentabilité du solaire au Maroc.
Le levier le plus simple ne coûte rien : déplacer les consommations vers les heures de soleil. Machine à laver en journée, chauffe-eau électrique programmé à midi, piscine filtrée l'après-midi. Chaque kWh consommé pendant que les panneaux produisent est un kWh que vous n'achetez pas à 1,60 DH. Pour la consommation du soir, la question du stockage se pose, et elle mérite un vrai calcul : notre comparatif des batteries solaires montre dans quels cas la batterie se justifie et dans quels cas elle allonge inutilement l'amortissement.
Et pour une entreprise ?
C'est pour les entreprises que le décret change le plus de choses. Un site raccordé en moyenne ou haute tension peut désormais autoproduire et vendre son surplus dès aujourd'hui, au tarif ANRE d'environ 0,18 à 0,21 DH/kWh, dans la limite des 20 %. La déclaration ou l'approbation de raccordement dépend de la puissance, et des frais d'utilisation du réseau s'appliquent, de l'ordre de 6 centimes de DH par kWh en distribution moyenne tension.
L'intérêt économique est ailleurs que dans la revente. Une usine, un entrepôt frigorifique, un hôtel ou une clinique consomment surtout en journée, exactement quand les panneaux produisent. Sur ces profils, 85 à 95 % de la production se consomme sur place sans batterie. Les temps de retour observés sur le marché marocain en 2026 se situent entre 5 et 8 ans selon la taille du projet et le profil de charge, pour un matériel garanti bien au-delà. Là encore, ce sont des ordres de grandeur : chaque site mérite son étude, avec les courbes de charge réelles.
Comment Econiva gère les formalités à votre place
La réglementation est récente et les guichets appliquent encore les textes de manière inégale d'une régie à l'autre. C'est notre travail de suivre ça, pas le vôtre. Sur chaque projet d'autoconsommation raccordée au réseau, nous préparons le dossier de déclaration ou d'approbation, nous fournissons les fiches techniques exigées par le gestionnaire de réseau et nous suivons le dossier jusqu'à la mise en service. Quand le tarif de rachat basse tension sera publié, nos clients déclarés seront les premiers servis.
Si vous voulez savoir ce que la loi 82-21 permet dans votre cas précis, avec vos factures et votre toiture, le plus simple est une étude gratuite à domicile. Nous intervenons à Casablanca, Marrakech, Agadir et Rabat : une demande d'étude gratuite, ou un message WhatsApp au +212 661-764046, et un technicien passe chez vous.
Équipe Econiva Consulting · 30 juin 2026